Qui sont ces clowns à l’hôpital et que font-ils exactement ?

 

Les clowns c’est drôle et… sérieux !

Les artistes confirmés qui se sont engagé dans ce travail sont des professionnels du spectacle (acteurs, comédiens, circassiens, musiciens) qui sont en plus sensibilisés à la problématique de l’hospitalisation en pédiatrie. Ils ne seront pour les enfants ni des soignants ni des thérapeutes, mais bien des compagnons de jeux un peu particuliers.

Ils ont appris, parfois sur le tas, quelques notions élémentaires des techniques hospitalières (ne pas être horrifié de voir un enfant installé en perfusion intraveineuse, savoir adapter sa présence à un enfant inconscient, etc.) Mais ils ont surtout accepté de faire un travail sur eux-mêmes, pour mieux comprendre les motivations qui les poussent à œuvrer dans un milieu qui regroupe souvent des populations fragilisées.

Le travail de clown se fait en duo et en improvisation, toujours en tenant compte de l’état et de la réceptivité de chaque enfant. Car, quand il arrive dans une chambre, le clown doit ajuster ses actions sur ce qu’il perçoit. Et chaque enfant a toujours le droit d’accepter ou de refuser une visite clownesque.

 

Qu’est-ce qui se passe, alors concrètement lors d’une séance de clowns ?

Lors d’une séance clownesque, il peut y avoir, selon l’attention de l’enfant ou son souhait : de la magie, de l’accordéon, des fils et des ficelles, des sketches de soins sur un nounours ou une poupée, des histoires sans queue ni tête, des globules de savon et des ballons, de la poudre de perlimpinpin.

L’objectif n’est donc pas de faire rire à tout prix, mais plutôt d’offrir une possibilité de trouver avec, en point de départ un « petit rien tout simple », des choses belles, fragiles et poétiques.

Avec beaucoup de douceur et d’écoute, il y aura une exploration, en compagnie de l’enfant, de la piste qui lui plaît et alors commence réellement l’animation d’une durée de 10 à 15 minutes par chambre de deux lits.

Sérieusement drôles

L’hospitalisation des enfants en pédiatrie a connu des transformations essentielles ces quinze dernières années. Accueillir dans un local convivial, rendre la confiance et libérer la parole, accompagner et rassurer l’enfant, lui offrir des moments de jeux et de détente sont des actions devenues indissociables du soin médical proprement dit.

Cela fait une vingtaine d’années que la Cocof subventionne des associations porteuses de projets « Initiatives » dans le domaine de la santé qui développent des activités artistiques en milieu hospitalier dans la région bruxelloise. Les intervenants culturels qui travaillent dans ces associations ont acquis au fil du temps, en plus de leur bagage artistique, une meilleure connaissance des milieux d’aide et de soin.

 

Quand on joue…on prend soin

En effectuant chaque semaine de l’année, une visite à Erasme et une à Saint- Pierre, cela fait un total de 104 interventions de clowns auprès de 2200 enfants hospitalisés pour des raisons fort diverses. La régularité de ces prestations est une des garanties du bon déroulement de l’activité.

Les médecins, les infirmières ont pour mission de soigner et c’est la première acceptation du terme.

Les clowns soignent les petits enfants en jouant avec eux.

Du côté médical, on s’est vite aperçu des conséquences positives à long terme qu’offre notre activité surtout lorsqu’il existe une collaboration avec les médecins, les infirmières, le personnel soignant et bien sûr, les parents.

 

Regarder la vie en farce

Sans oublier que pour certains enfants, l’hôpital constitue le lieu où l’art est approché, pour la première fois, dans sa réalité vivante et palpable.